Situations humiliantes ou vexatoires
Les IADE ont été interrogés sur la fréquence des situations humiliantes ou vexatoires subies sur leur lieu de travail. Cette fréquence a été recueillie sur une échelle de Likert à six niveaux allant de jamais (1) à très souvent (6).
70,6% des IADE font face peu fréquemment (28,8%), exceptionnellement (28,7%) voire jamais (13,1%) à des situations humiliantes ou des propos vexatoires et 29,4% des IADE font face à ces situations régulièrement.

Après analyse inférentielle, nous avons pu constater que les situations humiliantes sont significativement plus élevées chez les IADE à temps partiels (p<0,001, m temps plein=2,92, m temps partiel = 3,32).
Si 70,6% des IADE vivent peu, exceptionnellement, voir jamais de situations humiliantes sur leur lieu de travail, la fréquence des situations humiliantes ou vexatoires est significativement plus élevée chez les IADE femmes, les IADE exerçant à temps partiel et ceux exerçant des astreintes à domicile.
La situation maritale, parentale et le secteur d’activité ne semblent pas avoir d’influence sur la fréquence des situations humiliantes, tout comme l'âge et l’ancienneté du diplôme.
Il en est de même pour la région d'exercice, le statut de l’employeur, l’origine de l’encadrement ou le fait d’exercer des fonctions d’encadrement.
Ressenti général
Les IADE ont été invités à donner trois mots pour décrire leur ambiance au travail.

L’ambiance au travail est décrite de manière globalement négative avec des notions de pression, de tension, de rentabilité, de fatigue, manque de reconnaissance. On retrouve en ces termes, une partie des sentiments des professionnels de la santé qui traduisent une perte de sens: la rentabilité plutôt que l’humain.


Les mots "polyvalence", "compétence" et "expertise" représentent les qualités fondamentales que les IADE estiment trouver dans leur ressenti professionnel.
Ces termes revêtent une connotation positive, suscitant un sentiment d'utilité chez 84% des IADE.


Cependant, malgré ces éléments positifs, certains sentiments exprimés par les IADE, tels que celui d'être traité comme un simple pion, ainsi que la fatigue physique et/ou morale, commencent à soulever des interrogations quant au sens et à l'importance de leur travail pour ces professionnels.
Différence de ressenti selon le genre
Dans les réponses recueillis, nous avons pu constater que la population féminine IADE se déclare significativement:
-Etre plus stressée (p<0,001, m Femme=4,49, m Homme=4,05 ).
-Etre plus fatiguée moralement et physiquement au travail (p<0,001, m Femme=4,73, m Homme=4,42 ).
-Ressentir plus d’insécurité (p=0,002, m Femme=3,18, m Homme=2,89 ).
-Ressentir plus de pression hiérarchique (p=0,003, m Femme=4,15, m Homme= 3,84).
Quant à la population IADE masculine, elle déclare ressentir un désintérêt significativement plus prononcé pour son travail (p=0,026, m Femme=2,83, m Homme=3,06).
Il apparaît que les infirmières-anesthésistes expriment un sentiment plus négatif concernant divers aspects de la qualité de vie au travail par rapport à leurs homologues masculins. Ces constatations viennent corroborer les analyses avancées par les sociologues du travail, mettant en lumière les inégalités de genre dans ce domaine spécifique.
Il n'apparaît pas de différence significative dans les réponses aux questions sur le ressenti au travail en rapport avec la région d’exercice ou la situation familiale de l’IADE.
De manière générale, nous constatons à travers ces disparités très significatives que les infirmier.es-anesthésistes ont des ressentis de bien-être plus importants dans les structures privées que dans les structures publiques, notamment sur la réalisation de soi, le sentiment de reconnaissance.
Dans le secteur privé, où les ressources peuvent être différentes de celles du secteur public, les IADE sont amenés à assumer un large éventail de responsabilités cliniques.
Le degré d'autonomie clinique des infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE) dans le secteur privé découle généralement d'une combinaison complexe de facteurs institutionnels, réglementaires et professionnels. Il peut varier selon les particularités de chaque pratique.
Il est notable que ce mode de fonctionnement, souvent plus valorisant et mieux reconnu, semble avoir un impact positif sur le ressenti des IADE exerçant dans le secteur privé.
Ressenti des cadres
Les IADE assurant des fonctions d’encadrement ressentent de manière très significative plus de stress, d’incertitude, de fatigue et de pression hiérarchique. Cependant , ils ressentent plus de reconnaissance.
La pression subie par les cadres IADE et les facteurs de stress inhérents à la fonction peuvent-ils avoir pour conséquence un manque d'attractivité et un effet sur son renouvellement ?
Ressenti en fonction de l'origine de l'encadrement

On remarque donc qu'un management assuré par un Cadre IADE marque une amélioration significative de la qualité de vie au travail des IADE par l'augmentation du sentiment de reconnaissance, de sécurité, moins de stress et de fatigue morale et/ou physique qu'avec un encadrement non Issu de la filière IADE.
Les termes tels que polyvalence, compétences et expertise sont largement employés (à plus de 90%) pour décrire le ressenti au travail des infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE), étant directement liés aux qualités professionnelles qui définissent leur identité.
Cependant, ces aspects positifs sont souvent suivis (à plus de 80%) de stress et de fatigue, tant sur le plan physique que moral, ainsi que d'un manque de reconnaissance. Ces ressentis sont renforcés par des termes décrivant l'ambiance de travail tels que pression, rentabilité, stress et tension, donnant une teinte plutôt négative à l'expérience professionnelle.
Malgré ces aspects problématiques, la majorité des IADE maintiennent le sentiment d'être utiles, témoignant d'une motivation intrinsèque à leur travail. Cependant, il existe de nombreuses disparités dans l'expression de ces ressentis.
Comparativement, les IADE travaillant dans la fonction publique, semblent éprouver davantage de sentiments négatifs que leurs homologues du secteur privé, en particulier ceux des sociétés d'anesthésie. Les IADE du secteur privé signalent une meilleure reconnaissance et une plus grande réalisation personnelle, deux éléments essentiels à une bonne qualité de vie au travail.
Les IADE travaillant à temps partiel constituent également une catégorie déclarant plus de ressentis négatifs, tels que la fatigue et le stress. Contrairement à ce que l'on pourrait attendre, la réduction du temps de travail ne semble pas toujours améliorer la qualité de vie au travail.
Il semble que l'encadrement issu de la filière IADE joue un rôle significatif dans l'amélioration du ressenti de qualité de vie au travail sur certains aspects, mettant en évidence l'importance d'un soutien professionnel adéquat pour le bien-être des IADE.























