Reconnaissance au travail

une infimiere souriante en tenue de bloc discute avec un médecin dans un couloir d'hopital

La reconnaissance de manière générale avait déjà été abordée lors du ressenti des IADE au travail.

Ce chapitre est l'occasion de préciser ce sentiment de reconnaissance par différentes catégories de professionnels.

Reconnaissance par les autres professionnels

Nous avons recueilli le niveau d’accord des sondés sur la perception qu’ils ont de la reconnaissance des autres professionnels à leur égard. Ce niveau d’accord a été évalué sur une échelle de Likert à six niveaux allant de “pas du tout d’accord” à “tout à fait d’accord”.

Le sentiment de manque de reconnaissance par la direction de l’établissement est présent chez 80% des IADE interrogés. 

Ce chiffre est globalement identique à celui de 2011 sur la même question. On peut donc retrouver le même argumentaire : “cela peut s’expliquer par leur éloignement". "C’est vers elle que sont dirigées les revendications qui ne sont pas satisfaites". "Elle est perçue comme le représentant de l’autorité gouvernementale". "Cela signe aussi la difficulté à négocier localement et à faire reconnaître la spécificité professionnelle à l’intérieur même de l'établissement.”

Nous notons tout de même que le pourcentage d’IADE qui n'est pas du tout d'accord est plus élevé en 2023 qu’en 2011. On peut se demander si la crise de la CoViD-19, ainsi que les revendications IADE depuis plus de trois ans, n’ont pas augmenté ce sentiment de non-reconnaissance chez les IADE.

En revanche, le sentiment s’inverse totalement lorsqu’on évoque la reconnaissance par les collègues (92.93%) et les autres professionnels de la santé. 

Concernant les professionnels médicaux, le sentiment d’accord de reconnaissance est plus  important pour les MAR que pour les autres professionnels médicaux.

Plus l’acteur cité semble loin géographiquement et donc loin du terrain, plus le sentiment de reconnaissance est moindre. Il est aisé de supposer que pour les IADE, ceux qu’ils côtoient au quotidien (re)connaissent  mieux leur utilité et leurs compétences. 

Reconnaissance en fonction de l'âge

Il existe une corrélation positive entre  l'âge et le sentiment de reconnaissance par les MAR,  par la direction de l’établissement, et par les médecins autres que les MAR. Ces corrélations sont d’intensité faible. En effet, plus l'âge augmente et plus le sentiment de reconnaissance est élevé.

L’ancienneté du diplôme est également positivement corrélée avec le ressenti de reconnaissance par les MAR, les autres professionnels de santé, la direction de l’établissement, et les médecins autres que les MAR.

Reconnaissance en fonction de l'origine de l'encadrement

Les IADE ayant un encadrement issu de la filière IDE (par rapport à ceux qui ont un encadrement non issu de la filière IDE) se sentent moins reconnus dans leur travail par les médecins autres que les MAR ainsi que par les autres professionnels de santé.

Lorsque l’encadrement est issu de la filière IADE, les IADE se sentent plus reconnus dans leur travail par la hiérarchie. Mais ils se sentent moins reconnus par la direction de  l’établissement, par les MAR et par les autres médecins.

Les IADE ayant un encadrement issu de la filière IDE (par rapport à ceux qui ont un encadrement non issu de la filière IDE) se sentent moins reconnus dans leur travail par les médecins autres que les MAR ainsi que par les autres professionnels de santé.

Lorsque l’encadrement est issu de la filière IADE, les IADE se sentent plus reconnus dans leur travail par la hiérarchie. Mais ils se sentent moins reconnus par la direction de  l’établissement, par les MAR et par les autres médecins.

Reconnaissance en fonction du statut de l'employeur

La reconnaissance par la hiérarchie, la direction de l’établissement et par les médecins autres que les MAR est plus élevée dès lors que l’employeur est une société d'anesthésie ou structure privée comparativement aux salariés des établissements publics. 

Étrangement, concernant les sociétés d'anesthésie, on retrouve des différences de moyenne quant au sentiment de reconnaissance des MAR, de la hiérarchie, et de la direction de l’établissement, alors que les MAR de ces sociétés cumulent la triple étiquette d’employeur, supérieur hiérarchique et directeur d’établissement.

Il n'existe pas de différence significative dans la reconnaissance par les différentes catégories professionnelles lorsqu’il s’agit du nombre d’heures supplémentaires.

Les IADE exerçant en temps partiel se sentent plus reconnus dans leur travail par la hiérarchie

La reconnaissance au travail constitue une appréciation positive des compétences, des efforts et des résultats obtenus par les professionnels, jouant un rôle crucial dans leur estime de soi et leur motivation.

Cette reconnaissance peut revêtir diverses formes, telles que l'aspect académique et la rétribution financière des compétences pour les infirmiers anesthésistes diplômés d'État .

Parmi les IADE, la reconnaissance par les collègues est largement partagée, atteignant un consensus dépassant les 90 %. Par ailleurs, la cohésion d'équipe joue un rôle significatif dans le bien-être des IADE.

Cependant, un manque de reconnaissance de la part de la direction demeure un sujet de préoccupation.

Bien que peu de facteurs entraînent une différence significative dans la reconnaissance par les médecins anesthésistes-réanimateurs (MAR), les IADE travaillant dans les sociétés d'anesthésie et dans le secteur privé se sentent généralement mieux reconnus par la direction, la hiérarchie et les autres médecins que les MAR.

Toutefois, certains éléments tels que les gardes, les astreintes, le travail à temps partiel, les différences d'encadrement, l'âge et l'ancienneté du diplôme entraînent des disparités notables.

En particulier, les gardes et les astreintes sont principalement assumées par les IADE de la fonction publique hospitalière (FPH), créant ainsi une disparité de reconnaissance par rapport à ceux exerçant dans le secteur privé.

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