En fonction de l'année de diplomation, le questionnaire se prolongeait sur une série de questions pour les professionnels qui avaient fait la totalité ou une partie de leurs études pendant la pandémie de COVID-19. 141 IADE parmis notre panel étaient étudiants lors de la pandémie.
Réaffectation des étudiants
79% des étudiants ont été très souvent à assez souvent réaffectés durant leur formation lors de la pandémie. Seuls 2% déclarent ne pas avoir été ré-affectés.

La réanimation est le premier service où ont été ré affectés les EIA. Comme pour les IADE, leur expertise, bien qu’ils soient toujours en formation, a été un facteur décisif quant au choix du secteur d’activité de la réaffectation.
Venant majoritairement des services de soins critiques avant leur formation, les EIA étaient les professionnels les plus à même de fournir un appui et des compétences spécifiques à des secteurs hautement spécialisés et en extrême tension.

37,15% ont été affectés ailleurs que dans leur centre hospitalier de référence. Il est évident que les CHU n’étaient pas les seuls à avoir des besoins en renfort pour leurs services en tension et que les EIA ont été les premiers à être affectés sur d’autres établissements.

Dans ce nombre, il faut aussi tenir compte des EIA financés par un établissement autre que le CHU de rattachement et qui ont été remis à la disposition de leur établissement d’origine.
Les EIA en autofinancement ont été plus affectés en dehors de leur CHU de référence que ceux financés par un Centre Hospitalier.
Ressenti des étudiants pendant la pandémie

Les EIA se sont majoritairement sentis perçus comme des professionnels autonomes et notamment par les médecins. Ce sentiment est cohérent car ils n’étaient pas affectés en plus de l’effectif. Ils étaient donc considérés comme des professionnels en poste.
40% des étudiants se sont senti comme un renfort pour le service aux yeux de l’encadrement. De plus, même s'ils sont en cours de formation, ils sont avant tout des IDE avec un minimum de deux ans d’expérience.
Cependant seuls 36% d’entre eux se considèrent réellement comme des professionnels autonomes. Nous n’avons pas interrogé les anciens étudiants sur le parcours professionnel ayant précédé leur formation d’IADE. Il est probable que les 36% qui se sont sentis autonomes lors des redéploiements en réanimation éphémère soient ceux issus des services de réanimation.
Les étudiants se sont perçus comme un renfort pour le service et non un frein à l’activité.
Même s’il reste un professionnel, il est dans une moindre mesure un étudiant à encadrer, ce qui n’était pas forcément perçu comme cela dans le service de réaffectation.
La perception de l’IADE d’après les EIA diffère des autres professionnels. Il reste un étudiant en formation et n’est pas nécessairement un renfort pour le service, ni un personnel ressource.
Indépendamment de leur niveau de formation, les Étudiants Infirmiers Anesthésistes se sont perçus comme des professionnels ressources pour les Infirmiers Diplômés d'État (IDE), car leur formation et les connaissances acquises, leur ont peut-être permis d'assumer ce rôle.
Intégration et confiance

70,2% des EIA interrogés déclarent avoir ressenti un climat de confiance avec l’équipe d'accueil.
Sécurité et encadrement

Le manque d’encadrement semble avoir été souvent ressenti par une majorité d’EIA (61,7%). Ceci s’explique sûrement par ce que ces professionnels en formation ont été considérés rapidement comme autonomes et n’ayant pas besoin d’encadrement.
Ainsi 54,5% des EIA ont ressenti un sentiment d’insécurité lors des réaffectations.
Toutes ces données sont aussi à mettre en parallèle avec le contexte de cette pandémie totalement inconnue comme situation sanitaire, son côté chaotique des premiers mois, le manque de protections individuelles.

Financement et abandons de formation

29 étudiants dans notre échantillon étaient en autofinancement. Nous les avons interrogés sur des questions précises. Ce nombre semble insuffisant pour tirer des conclusions, mais nous permet cependant d'apréhender le ressenti de ces étudiants.
On remarque qu’il n’y a pas forcément de consensus sur cette question chez les étudiants en autofinancement. Malgré, les 34,4% qui s’accordent à dire que la pandémie a menacé financièrement leur capacité à finir la formation, 24% seulement déclarent ensuite avoir pensé à abandonner pour des raisons financières.
La proportion d'étudiants à avoir songé à abandonner est globalement la même, que ceux-ci soient financés (26,8%) ou pas (24,4%).

L’enquête concernant les IADE en activité, nous n’avons pas les ressentis et les causes exactes des abandons d'étudiants durant la pandémie de covid.
Nous n’avons pas non plus de chiffres sur le nombre d’abandons des EIA durant la pandémie covid 19.

Le financement de la formation ne semble pas être un facteur déterminant dans la décision d'abandonner celle-ci.
Cependant, cette affirmation nécessite une certaine nuance, car nous manquons de données précises concernant le nombre exact d'abandons de formation consécutifs à la pandémie, ainsi que sur les raisons qui ont motivé ces abandons.
Les raisons de la poursuite de la formation sont : la motivation, la famille, une aide financière de la région, l'aide de son entourage, la suspension de la formation qui a permis de retravailler à côté.

Intégrés rapidement aux équipes d'accueil, considérés comme des professionnels autonomes et un renfort pour l’équipe, les étudiants ont le ressenti d’avoir été utiles et d’avoir instauré un climat de confiance avec les équipes soignantes.
Il est essentiel de reconnaître le rôle crucial des infirmiers anesthésistes diplômés d’État dans la réponse à des crises sanitaires. Leur expertise en anesthésie, en réanimation et en soins intensifs a été essentielle pour prendre en charge les patients atteints de COVID-19.
Les IADE et les EIA ont travaillé sans relâche pour sauver des vies, souvent au détriment de leur propre santé.
Il est important de souligner que cette pandémie semble avoir eu un impact sur la santé mentale et physique des personnels soignants, y compris les IADE.
Les longues heures de travail, le stress, la peur de la contamination et la surcharge de travail ont pu laisser des séquelles. Il est crucial que soient considérés et soutenus ces professionnels de la santé, car ils ont été en première ligne face à cette crise.
La résilience du système de santé ne doit pas se faire au détriment de la santé des personnels.
Il est impératif de mettre en place des mesures de soutien, de prévention et de suivi pour garantir leur bien-être et leur sécurité pendant et après cette période difficile.













